
Fin du Xxe siècle : nous sommes dans l’âge d’or du RPG. Final fantasy 7 a crée un véritable cataclysme en révélant ce genre au grand public des 1997, l’immense Xenogears qu’on ne pressente plus lui emboîte le pas des 1998, et enfin, 2 ovnis viennent s’ajouter a la ludothèque indispensable du RPG gamer en 1999 : Valkyrie Profile, développe par les studios Tri-Ace, et, et... Chrono Cross, la suite de Chrono Trigger.

La question est légitime tant ces deux opus semblent différents l’un de l’autre. Chrono Trigger est sorti sur SNES, se base sur un chara design de Toriyama (Monsieur Dragon Ball), a pour personnage principal Chrono, et son histoire se fonde sur les voyages dans le temps. Apres un opus très particulier, quelque peu « hors série », et avant tout dédie aux fans, Radical Dreamers, nous arrive Chrono Cross : chara design de Nobuteru Yuuki (Monsieur Chroniques de la guerre de Lodoss, Escaflowne), héros du nom de Serge, histoire ayant pour thème principal le voyage entre les dimensions. Et de fait, l’histoire de Chrono Cross n’évoque que très peu celle de son antécédent : on trouve simplement quelques allusions a Lavos et au groupe d’aventuriers qui l’a combattu par le passe.
Les fans de Chrono Trigger auraient donc tort de commencer ce jeu avec l’intention de poursuivre l’aventure entamée sur SNES. Chrono Cross s’affirme véritablement comme un épisode indépendant, et il n’est absolument pas nécessaire d’avoir fait Chrono Trigger pour en comprendre tous les ressorts.
Par souci d’exhaustivité, je rajouterai que Square (maintenant Squarenix) avait en 2001 réservé le nom de jeu Chrono Break, éveillant ainsi l’espoir de tous les fans de la série pour une éventuelle suite de la saga. Toutefois, force est de constater que depuis Square a fait taire toutes les rumeurs concernant un éventuel développement de ce jeu, ajoutant toutefois que cela ne signifiait pas qu’il n’y en aurait pas à l’avenir.
Mais la n’est pas le problème pour l’instant. Vous lisez ces lignes et avez sans doute déjà fait Chrono Trigger (si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave, ne partez pas), et vous vous demandez : pourquoi devrais-je m’embeter a

Dans un monde chaud et tropical, Serge est un jeune garçon de 17 ans, qui mène une existence tranquille dans le petit village de pêcheurs d’Arni, sur une île paradisiaque. Comme tout véritable héros, celui-ci a ses faiblesses, et ce jour la, il oublie son rendez-vous avec Leena,

Ah, les graphismes de Chrono Cross... Certes la beauté est subjective, mais en l’occurrence, force est de constater que les graphismes de Chrono Cross repoussent au plus loin les limites de la console, qui cédera d’ailleurs l’année suivante la place à sa grande soeur la Playstation II. Dans un environnement résolument chaud, vous aurez beaucoup d’occasions d’admirer le bleu du ciel, les jeux d’ombres dus au soleil, les cascades miroitantes le long des falaises et le reflet de l’eau. En un mot, ces graphismes sont époustouflants et font de chaque quête un véritable plaisir. Pour ceux qui cherchent un équivalent a la beauté de l’univers, on a souvent compare l’environnement de Baten Kaitos a celui de Chrono Cross.
Les scènes cinématiques sont elles aussi très réussies, même si on pourra regretter qu’elles restent relativement rares.
La carte du monde est la plus belle qu’il m’ait été donne de voir, certes elle est en 2D, mais possède quelques effets du plus bon aloi, nuages, fumées sur les volcans, remous de l’eau...
Au moment de sa sortie, ces graphismes étaient réellement novateurs, tant pour leur finesse que pour l’omniprésence de la 3D précalculée, qui désormais est monnaie courante dans les jeux des consoles plus puissantes. Ce beauté a son revers, puisqu’il a longtemps été difficile de jouer a Chrono Cross en émulation, car les pc étaient peu puissants, et il fallait nécessairement trouver des astuces (baisser la résolution, utiliser un autre chipset) pour pouvoir y jouer de façon assez convenable. Mais maintenant, ce problème ne se pose plus et vous devriez pouvoir totalement apprécier ce jeu dans toute son ampleur.


Différent de celui de Chrono Trigger, le gameplay se veut extrêmement simple et accessible pour tout le monde. Dans les séquences de jeu, vous pouvez vous promener tranquillement, vos deux autres personnages vous suivant, a l’instar de Final Fantasy 8. Il vous suffit d’appuyer sur une touche pour parler aux gens et fouiller un peu partout, histoire une fois de plus, de constater a quel point les NPCs sont négligents dans les RPG et laissent de l’argent, des potions, voire même des armes, dans des tonneaux, des buissons ou des souches d’arbre.
Il est tout de même à noter que de temps en temps le joueur risque de se retrouver bloquer, sans réellement savoir quoi faire pour faire avancer l’histoire. Dans ces conditions, il est bon pour faire le tour de toutes les îles et parler à un maximum de NPCs, ce qui reste légèrement énervant malgré le fait que voyager dans un tel univers soit plutôt plaisant.
Les ennemis apparaissent également a l’écran, et il dépend donc de vous de choisir de les combattre ou non (on retrouve la un point commun avec Chrono Trigger). La difficulté des combats est en général peu élevé et ne vous demandera que peu de phases de lvl up intensif, ce qui permet de pouvoir avancer dans le jeu assez rapidement.
Parlons en, des combats. Les magies s’utilisent un peu comme des materias : elles s’associent sur des personnes pour que celles ci puissent les utiliser en plein combat. La quantité que vous pouvez utiliser se fait au prorata de leur puissance : les magies les plus puissantes prendront beaucoup de votre quota de magie stockable. Un certain équilibre doit donc se faire, d’autant plus que les magies sont toutes reliées a un élément particulier. Ces éléments ont une importance cruciale, puisque comme dans tout bon RPG, les ennemis sont plus sensibles à un certain élément et résistant à d’autres. En outre, à chaque magie que vous utilisez, une jauge se remplie de la couleur de cet élément, et pour utiliser en combat certaines magies il vous faudra remplir la totalité de la jauge de cet élément !
Les combats sont donc très tactiques, mais aussi extrêmement jouissifs, car les effets visuels des magies sont très réussis. Mais n’ayez pas peur, une fois qu’on s’y est fait ce système s’avère finalement plutôt simple.

Yoshiro Mitsuda, vous connaissez ? C’est lui qui a signe les compositions musicales de chef d’oeuvre tels que Xenogears et Chrono Trigger... Encore une fois, il nous gratifie d’une composition exceptionnelle et très variée, entre thèmes « dark » et plus légers. Je ne vous embeterai pas avec, car pour être franc je connais peu les noms des thèmes en eux-mêmes, mis a part le sublime Radical Dreamers qui clôture le jeu et vous arrache des larmes. Mais soyez attentifs et prêtez l’oreille en jouant, car cela en vaut largement la peine, l’OST de Chrono Cross étant universellement reconnue comme une des plus grandes du monde du RPG.

On compte 45 personnages jouables dans Chrono Cross. Oui, vous avez bien lu, 45 personnages différents peuvent compléter votre équipe ! Tous sont très attachants du fait d’un chara design de grande qualité (merci Nobuteru Yuuki) et possèdent un léger background, mais bien évidemment 5 ou 6 personnages sont avant tout mis en valeur dans le jeu, et ceux-la possèdent une histoire hallucinante, vraiment. Je crois que les personnages de Kid et Harle sont les plus incroyables qu’il m’ait été donne de voir. Je ne vous spoilerai pas a leur sujet, car ce serait vous gâcher d’énormes surprises et beaucoup d’émotion. Les personnages se caractérisent par des statistiques et des coups légèrement différents, mais avant tout par leur identité propre : en plus du design, ils ont tous des motivations et des aspirations différentes qui les ont pousse a rejoindre le groupe. Certains ont même des accents dans leur façon de parler (Kid parle australien, Harle parle français..), ce qui les rend encore plus attachants. Vous prendrez beaucoup de plaisir à faire tourner votre effectif, puisque, à la différence de beaucoup de RPG, ici même les personnages que vous n’utilisez pas gagnent de l’expérience ! Cela vous évite d’avoir à leur faire subir de longues séquences de lvl up avant qu’ils soient au niveau de vos personnages principaux.
A noter : Serge, le personnage principal, ne parle pas. Cela a été volontairement introduit par Square pour que le joueur s’identifie davantage a ce personnage/coquille vide, mais personnellement j’ai trouve cet aspect plutôt dommage.

Nous arrivons la au point fort du jeu. Le scénario, qui est élément primordial de tout RPG, est à la fois simple et complexe. Simple parce que, contrairement a d’autres jeux plus prises de tête, il n’est nul besoin de maîtriser des referens bibliques, coraniques ou mythologiques pour pouvoir en apprécier toutes les subtilités. Toutefois avoir déjà fait Chrono Trigger auparavant, si ce n’est pas une obligation, vous permettra de vous remémorer vos vieux souvenirs en traversant certaines villes (Dinopolis pour ne pas la citer), et d’en apprendre un peu plus sur Lavos. Mais ce scénario est en même temps complexe, car il s’épaissit beaucoup au fil du jeu. Les liens entre les dimensions et entre les personnages se troublent, certains personnages sont différents de ce qu’ils semblent être... En clair, ce jeu demandera de vous un investissement suivi : vous devez être assez concentre durant les phases de dialogues pour pouvoir suivre et apprécier toutes les ficelles du scénario, et évite de jouer une heure par ci, une heure par la, sinon vous aurez rapidement beaucoup de mal a suivre. Et croyez moi, ce scénario en vaut la peine. Il contient son lot de séquences émotions, de rebondissements et diverses péripéties, et même un vieux baroudeur du RPG ressentira quelque chose de profond durant cette aventure, l’apogée étant bien entendu la fin, séquences poignante sur le magnifique thèmes de Radical Dreamers. J’allais oublier : il existe une dizaine de fins différentes, selon votre équipe et les choix que vous ferez au cours du jeu...

Ce jeu possède deux cds, les mini-quêtes ne sont pas légions, et il vous faudra environ une trentaine d’heures pour le finir une première fois. Apres, vous avez bien entendu la possibilité de le recommencer pour comprendre des éléments qui restent peu clairs pour vous, trouver certains personnages que vous n’aviez pas, vaincre tel boss optionnel, avoir une nouvelle fin, etc. Pour ceux qui souhaitent recommencer, il existe un mode new game+ qui est accessible une fois le jeu fini, et vous permet de recommencer en bénéficiant d’objets supplémentaires (je n’en dis pas plus, a vous de le découvrir).
Bon au bilan, que reste-t-il ? Si vous n’êtes toujours pas convaincus de faire ce jeu, je ne peux plus rien faire pour vous. Mais vous passerez à cote d’une expérience unique en terme de RPG, et c’est bien dommage. Tous les très bons élément de ce jeu (musique, graphismes, scénario, personnages) s’assemblent harmonieusement pour emmener le joueur de lieu en lieu et l’impliquer personnellement dans la quête de Serge, Kid, et de leurs amis. Un must pour celui qui se prétend fan de RPG.

Les + :
- Le scénario haletant
- Les personnages qui pour certains sont très fouillés
- Les musiques
- Les graphismes qui restent très appréciables malgré les années
Les - :
- Serge, le héros qui ne parle pas (c’est assez dérangeant)
- Peu de sous-quêtes
- On est quelque fois bloqués sans savoir quoi faire
- Jeu sorti uniquement aux Etats-Unis et au Japon, qui nécessite une connaissance de base de l’Anglais
- Scénario complexe qui nécessite un investissement suivi

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