Test > PSX > Threads Of Fate

- Date de sortie (US) : juillet 2000
- Plate-forme : Playstation
- Genre : Action-RPG
- Développeur : Squaresoft
- Editeur : Squaresoft
- Langues : Anglais
Comment surprendre le public lorsqu’on s’appelle Squaresoft et qu’on a déjà exploré tous les sentiers de l’innovation, tant au niveau des genres que des univers ? Tout simplement en sortant un action-RPG... on ne peut plus classique ! Tout est bien sûr très relatif, le classicisme n’excluant pas forcément quelques notes d’originalité : la trame principaleen est la parfaite illustration puisqu’elle se compose non pas d’un, mais de deux scénarios. Il est ainsi possible...
INTRODUCTION ET SCENARIO
Comment surprendre le public lorsqu’on s’appelle Squaresoft et qu’on a déjà exploré tous les sentiers de l’innovation, tant au niveau des genres que des univers ? Tout simplement en sortant un action-RPG... on ne peut plus classique !
Tout est bien sûr très relatif, le classicisme n’excluant pas forcément quelques notes d’originalité : la trame principale en est la parfaite illustration puisqu’elle se compose non pas d’un, mais de deux scénarios. Il est ainsi possible de jouer indifféremment l’aventure de Rue, un jeune garçon amnésique aux origines obscures, ou celle de Mint, une princesse capricieuse et très imbue de sa personne qui a payé au prix fort sa désinvolture : alors qu’elle était l’héritière du trône, son père la destitue de ce droit au profit de sa soeur Maya, qu’il juge plus compétente. Outre un caractère bien trempé, nos têtes d’affiche partagent une ambition commune : trouver une relique très ancienne qui leur permettra de réaliser leur rêve. C’est sur son utilisation que leurs desseins divergent : Rue souhaite “simplement” ramener à la vie Claire, une jeune fille qui l’avait recueilli et qui a trouvé la mort en voulant le protéger, tandis que Mint, avide de revanche, désire modestement dominer le monde et voit dans cet artefact le meilleur moyen d’y parvenir. Ils seront logiquement amenés à se rencontrer et devront même collaborer pour écarter une adversité qui se révèlera plus coriace que prévue... Bien sûr, les tenants et aboutissants de l’histoire ne se dévoileront qu’à la condition de finir leurs aventures respectives ; plutôt triviales, voire simplistes, ces dernières n’en demeurent pas moins bien ficelées et permettent de reposer ses petites neurones entre deux RPG plus “profonds”.
DEVELOPPEMENT
Si l’écran-titre ne se chargeait pas de le rappeler, il serait bien difficile de deviner que Threads of Fate est une production Squaresoft : en premier lieu, la cinématique d’introduction brille par... son absence, une originalité cette fois peu réjouissante. Les accros aux images de synthèse devront pourtant se faire une raison : le faste et le tape-à -l’oeil n’ont pas leur place ici, comme le prouvent les cut-scenes qui utilisent toutes le moteur graphique du jeu. De fait, la réalisation globale surprend à peine puisqu’elle est régie par la même austérité : le graphisme est très minimaliste, avec des textures assez sommaires, une modélisation qui ne fait pas toujours dans la finesse et un design général somme toute assez pauvre. Si tout cela peut en partie s’expliquer par l’atmosphère très puérile dans laquelle baigne le titre (une orientation soulignée par une palette de couleurs qui est tout sauf sobre), un plus grand souci du détail, notamment au niveau des décors terriblement vides et des faciès peu expressifs des divers protagonistes, n’aurait pas été un luxe. Ne soyons cependant pas mauvaises langues : l’ensemble reste très propre et est rehaussé par des effets visuels convaincants, avec en prime une grande variété des environnements (ruines, forêts, mondes imaginaires...) et une animation assez convaincante. Techniquement, on passe donc aussi loin de la catastrophe que du chef-d’oeuvre, ce qui en soi est déjà très surprenant venant d’un développeur qui a bâti une bonne part de sa renommée sur son incontestable savoir-faire technique ; sorti au Japon quelques mois seulement avant le fabuleux Vagrant Story, le titre a probablement été relégué au second plan par son propre géniteur et n’a par conséquent pas bénéficié de l’attention optimale qui fait les grands jeux.
![]() |
![]() |
|---|---|
| Mint et Rue en pleine collaboration (forcée). Par chance, leur personnalité a été plus travaillée que leur design... | Bien malin celui qui verra la différence entre une cut-scene (dont voici un exemple) et une phase de jeu. Profitez-en pour régler la couleur sur votre écran. |
Par ses réelles qualités, le gameplay vient cependant tempérer ce jugement quelque peu hâtif : les commandes sont incroyablement simples à assimiler (elles se limitent à deux touches d’attaque et une de saut), et nos aventuriers en herbe ont des caractéristiques si distinctes qu’ils se jouent chacun d’une manière radicalement différente. Honneur aux dames : Mint est aussi piètre combattante que bonne magicienne, et c’est bien sûr ses sorts qui lui permettront de progresser dans sa quête. Elle acquérira progressivement tous les grands classiques du genre (attaques de feu, de glace...) qui lui permettront de compenser la faiblesse de ses attaques à l’arme ; ce handicap rend d’ailleurs la progression assez laborieuse de prime abord, et les débutants seraient bien inspirés de s’attaquer en priorité à la quête de Rue. En effet, ce dernier dispose d’arguments bien plus percutants pour calmer ses adversaires : sa hache lui offre une force de frappe non négligeable avec une attaque de base et une combo de trois coups ravageuses, et il a surtout l’étonnant pouvoir de prendre l’apparence de ses ennemis une fois ces derniers terrassés. Au-delà de leur aspect physique, c’est leurs capacités respectives qui sont particulièrement intéressantes : le tigre saute assez loin pour franchir de larges gouffres, le souffle brûlant du Gudon fait fondre la glace, le puissant Bubba peut briser d’énormes rochers... Il existe de nombreuses formes qui servent généralement de prétextes à des énigmes bien sympathiques. Les autres principes qui régissent le jeu sont communs aux deux personnages, comme le système de pièces qui permet au joueur de reprendre là où il en était resté après une cuisante défaite, ou encore la montée en niveau particulièrement originale : si le nombre de MP maximal augmente classiquement avec l’utilisation régulière de la magie, celui des HP est fonction du nombre de coups reçus ; autrement dit, plus le joueur est mauvais, plus sa jauge de HP se développera vite !
![]() |
![]() |
|---|---|
| Il n’y a pas d’objets utilisables en cours de jeu : Seuls les ennemis laissent parfois tomber des potions qui ne peuvent être stockées. | Mine de rien, certains boss ne sont pas évidents à terrasser et exigent un petit temps d’observation. Rien d’insurmontable toutefois. |
Hélas, cette démarche visant à une accessibilité optimale n’est qu’un miroir aux alouettes qui ne peut à lui seul sauver un jeu autrement confondant de superficialité. Le manque de profondeur le plus imagé, mais aussi le plus rédhibitoire, est celui du champ de vision : la caméra est bien trop proche du personnage et il est de fait impossible de voir ce qui se passe trois mètres devant soi. Un problème de jouabilité n’arrivant jamais seul, il faut y adjoindre une maniabilité on ne peut plus approximative ; crises de nerfs garanties lors des phases de plate-formes, durant lesquelles sauter d’un bloc mobile à un autre sans chuter relève de l’exploit, ou encore quand vient l’heure d’affronter un boss particulièrement vif dans ses déplacements (un simple système de lock aurait pourtant arrangé bien des choses). Tout le reste est à l’avenant : les phases d’exploration sont bien trop limitées (impossible de perdre son chemin vue l’exiguïté des différents lieux visités), la customisation de l’équipement quasi-inexistante, les énigmes ne profitent pas assez des intéressantes capacités de Mint et Rue, le scénario ne laisse absolument aucune liberté de décision au joueur... En parlant de scénario, l’aventure de Mint n’est qu’une redite de celle de Rue, seuls leurs compétences et une partie de l’intrigue étant sensiblement différents ; aussi basse soit-elle, cette supercherie sauve pourtant la durée de vie en l’amenant péniblement à une vingtaine d’heures. Au final, que reste t-il à Threads of Fate ? Des personnages assez attachants, un grand nombre de boss très variés et la polymorphie de Rue, une idée sous-exploitée mais franchement amusante. Des qualités suffisantes pour faire un jeu correct, mais qui ne marquera en rien l’histoire du jeu vidéo.
![]() |
![]() |
|---|---|
| Les mini-jeux qui ponctuent l’aventure souffrent eux aussi de la maniabilité terrible ; il est pourtant obligatoire d’en venir à bout. | Voici Carona, la seule ville du jeu, où nos héros se retrouveront régulièrement ; vide et peu travaillée, elle résume assez bien le titre. |
CONCLUSION
Voilà un titre qui détonne franchement au milieu de tous les hits qu’a pu pondre Squaresoft ; pas parce qu’il est mauvais, loin de là , mais ses ambitions très mesurées et son univers bon enfant sont aux antipodes du gigantisme qui caractérise habituellement l’éditeur nippon. Malgré quelques (trop rares) phases de jeu intéressantes, l’ensemble reste bien trop basique avec un cheminement on ne peut plus linéaire, des combats très répétitifs et un double scénario qui s’apparente à une blague d’un goût douteux ; quant à la difficulté faiblarde (même avec la mauvaise volonté d’une maniabilité capricieuse), elle en frustrera beaucoup mais séduira le coeur de cible du titre, à savoir un public plutôt jeune et inexpérimenté dans le domaine de l’action-RPG. Ceux-là pourraient éventuellement apprécier le voyage.
- Graphismes : 14/20
Ils ne sont pas particulièrement impressionnants et surprennent un peu au début, mais on finit par s’habituer au style très coloré et enfantin de l’ensemble. Avec en prime une finition soignée, comme le montrent l’absence de bugs et les effets visuels de qualité. - Jouabilité : 10/20
La caméra n’offre pas une profondeur de champ suffisante pour anticiper correctement l’action, et ses mouvements parfois brusques et imprévisibles n’arrangent rien. La maniabilité des héros manque quant à elle de précision, notamment lors des combats. - Musique : 12/20
Franchement énervantes à la longue, les diverses mélodies du jeu instaurent vraiment le minimum syndical d’ambiance et ne laissent jamais une empreinte indélébile. Les bruitages sont malheureusement loin de relever le niveau. - Durée de vie : 13/20
Deux variantes du même scénario pour moins de vingt heures de jeu au final. Plus que cette durée un peu légère, c’est la similitude bien trop prononcée des deux aventures qui constitue une réelle source de frustration.
En dépit de réelles qualités et d’un capital sympathie incontestable, Threads of Fate reste bien trop superficiel, perfectible et surtout peu maniable pour plaire au plus grand nombre ; il conviendra aux plus jeunes (à qui il s’adresse visiblement) et à ceux qui recherchent un petit jeu mignon et pas prise de tête, mais risque de laisser les autres de marbre.
By Mannschaft
Catégorie: Tests et previews RPG
- Death... Empty Words...
- Devinette jeux vidéos
- Oui mais les Shin Megami Tensei dans tout ca ?
- Problème Emulation PSX
- {FAQ} Lucifer's Call
- Cloverfield
- Devinette Dessin Animé (et autres créations similaires...)
- Muse
- histoires
- Yasumi Matsuno
- {FAQ} Phantasy Star sur Megadrive
- [PSX] Final Fantasy 8
6 réponses ~ Test > PSX > Threads Of Fate
1 - Pas de style SMS, nous sommes sur un site pas sur un téléphone mobile
2 - Ecrire en français correct avec un minimum de fautes d'orthographe
3 - Etre courtois (les formules de politesse sont appreciées : bonjour, merci)
4 - Ne pas faire de pubs pour d'autres sites










Le mardi 16 mai 2006 à 13:14
J`aime bien ton test.

Car apres ma premiere heure de ce jeu, j`en suis arrive a peu de choses pres a la meme conclusion.
Il s`adresse a un public jeune avec peu d`experience et de la manette et des RPGs.
Le dimanche 28 mai 2006 à 19:14
sérieusement j'aimerait bien y jouer sa me tente bien
Le dimanche 28 mai 2006 à 23:40
J'ai trouvé ce jeu très bon, avec une bonne durée de vie (deux personnages pour deux histoires liées entre elles) et très mimi graphiquement grâce à son ambiance colorée. Il me rapelle un peu l'esprit de certains jeux sur Nintendo64 (Goemon1 par exemple). Le maniement est correct dans le sens où il ne gêne en rien dans la progression du jeu.
Je l'avais acheté à l'époque car j'avais fait le tour d'un bon nombre de RPGs, et je n'avais pas été déçu malgré son prix un peu élevé (import oblige). Ma note finale à moi serait un 14/20 car Dewprism (c'est ainsi que s'intitule la version japonaise) est bien plus reussit que d'autres RPG 3D tel que GrantStream Saga, Alundra2 ...
Le samedi 3 juin 2006 à 20:46
Bonjour ! Je suis nouveau ! J'aime beaucoup ce site ! Je tenais Ă le dire ! Bravo !
Le mercredi 5 juillet 2006 à 13:05
houhaaaa il a l'air super .
BRAVO
Le dimanche 16 juillet 2006 à 16:21
ce trouve ce jeu genial du grand squaresoft . bravo pour votre site.