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Wonder Project J
  • Date de sortie (J) : 1994
  • Plate-forme : Super Nintendo
  • Genre : Aventure
  • Développeur : Almanic/Mint
  • Editeur : Enix
  • Langues : Français (patché)

    Il était une fois, dans une lointaine contrée qu’on appelait le Japon, un jeu nommé Wonder Project J. C’était un joyeux titre et il ne manquait pas de qualités ; hélas, à sa naissance, les fées de la Traduction oublièrent de se pencher sur son boîtier, empêchant sa fuite vers d’autres horizons. Quelques années plus tard, des groupes de traduction amateurs, en apprenant son infortune, lui inculquèrent d’autres langues à force de travail (et de nuits blanches sans doute). Pour nous aussi, l’histoire peut alors commencer...
    En cherchant vraiment (mais alors vraiment ! ) l’analogie insolite, c’est par cet [...]

Il était une fois, dans une lointaine contrée qu’on appelait le Japon, un jeu nommé Wonder Project J. C’était un joyeux titre et il ne manquait pas de qualités ; hélas, à sa naissance, les fées de la Traduction oublièrent de se pencher sur son boîtier, empêchant sa fuite vers d’autres horizons. Quelques années plus tard, des groupes de traduction amateurs, en apprenant son infortune, lui inculquèrent d’autres langues à force de travail (et de nuits blanches sans doute). Pour nous aussi, l’histoire peut alors commencer...

Pinocchio vs. Terminator


En cherchant vraiment (mais alors vraiment ! ) l’analogie insolite, c’est par cet en-tête qu’on pourrait introduire le scénario de Wonder Project J. Du chef d’oeuvre de Carlo Collodi, il débauche en effet les héros, à savoir le menuisier Gepetto et le pantin qu’il crée avant de lui donner vie ; de celui de James Cameron, il reprend un contexte futuriste dans lequel la technologie est omniprésente (Gepetto y est d’ailleurs devenu ingénieur, et le petit Pino est désormais un robot), avec en toile de fond la délicate cohabitation entre androïdes et humains. Au moment où démarre le jeu, le sang et l’huile n’ont pas encore coulé, mais le sentiment de rivalité et la tension qui règnent ne laissent pas présager d’une autre issue... Il n’y a en revanche aucune ambivalence au niveau de l’ambiance : avec ses personnages hauts en couleurs (au propre comme au figuré), ses décors de cartes postales et son approche très narrative des évènements, le jeu fait nettement moins dans les canons sciés que dans ceux de la littérature enfantine. Ce serait cependant très réducteur de s’arrêter à ces deux références, car le script en lui-même est totalement original : un beau jour, alors que Gepetto vient tout juste d’achever un nouveau modèle de robot extrêmement perfectionné, l’armée royale vient arrêter le vieil homme sans motif apparent. Avant de prendre la direction du cachot, il a tout juste le temps de confier à la fée Tinker le soin d’activer Pino et de lui apporter l’expérience nécessaire pour mettre en marche ses sept circuits principaux... L’heure des présentations est venue !

Wonder Project J - 01 Wonder Project J - 02
Contrairement aux apparences, ce n’est pas le roi qui est responsable de vos ennuis, mais Messala, son Premier Ministre. À vous de découvrir ses raisons... Une fois que vous aurez fait sa connaissance, n’hésitez pas à aller consulter #46 : les conseils qu’il prodigue valent toutes les aides de jeu du monde.


Voici donc le petit Pino ! Pino est mignon, Pino est gentil, mais Pino a tout de même un léger problème : comme toute créature fraîchement venue au monde, il ne sait absolument RIEN faire. Plutôt gênant quand on doit voler au secours de son créateur dans les plus brefs délais ! Tinker manquant quelque peu d’autorité du haut de ses douze centimètres et demi, votre mission si vous l’acceptez sera donc de le prendre en main et de lui enseigner quelques préceptes basiques mais ô combien utiles, comme “une balle peut être lancée”, “il faut être gentil avec les animaux” ou “demande à ta mère, c’est toujours elle qui range tout !” (enfin, c’est dans l’esprit). Comme il ne s’agit bien évidemment pas de vous lâcher en pleine nature et vogue la galère, c’est le scénario qui, par son découpage en actes, exigera à chaque fois certaines compétences bien spécifiques pour surmonter une épreuve. Un exemple : Pino arrive dans une ferme dont le propriétaire lui demande de faire pousser des légumes ; il faudra donc d’abord lui apprendre ce qu’est une houe, le rendre assez fort physiquement pour qu’il puisse l’utiliser, et enfin lui faire semer des graines pour qu’un beau jour vienne l’heure de la récolte. Vous pensez que votre protégé en est capable ? Jetez-le alors dans l’arène et vous verrez, à travers une courte saynète, s’il se montre ou non à la hauteur. Il réussit ? Passage à l’acte suivant ! Il se plante lamentablement ? Faites-le progresser dans les domaines responsables de cet échec et retentez votre chance. Si l’idée paraît vraiment toute simple sur le papier... elle l’est encore plus manette en main (c’est dire ! ).

Wonder Project J - 03 Wonder Project J - 04
Représentations dans un cirque, compétitions sportives, combats dans une arène... Si le principe reste immuable, il n’en est pas de même pour les situations et les décors ! Pino progressera bien plus vite si vous le félicitez ou le réprimandez selon ses agissements : comme tout enfant, il a besoin qu’on lui fixe des repères !


Et un jour, une fée...


Voilà pour le côté scène, mais comment tout cela se passe t-il en coulisses ? Le panneau de contrôle (première image ci-dessous) est on ne peut plus explicite : notre apprenti-humain est capable de développer bon nombre de qualités, telles que la logique, l’assurance, la gentillesse... et chacune de ces aptitudes est estimée par un pourcentage ; plus ce dernier est élevé, plus Pino sera doué dans le domaine correspondant, et vous pourrez considérer que vous avez bien joué votre rôle d’éducateur. C’est là que Tinker intervient, car la blondinette, à défaut de jouer un rôle majeur dans l’histoire, est le point névralgique du gameplay de par sa nature féerique : elle est en effet connectée à Pino par des ondes et fait donc le lien entre le jeune robot, le décor et vous, ce qui dans les faits signifie tout simplement qu’elle apparaît à l’écran sous forme d’un curseur vous permettant de donner des ordres et de manipuler des objets. Inutile de faire un listing détaillé de tous les items que vous trouverez (il y en a des dizaines... ) et de leur utilité, puisque vous soupçonnez sans doute qu’aussi vrai que l’eau ça mouille, lire une encyclopédie rend plus intelligent et soulever des haltères augmente la force. En revanche, deux problèmes non négligeables se posent constamment au joueur : chaque effort, selon sa nature (physique ou cérébrale), égrène l’une des deux jauges de vie, et renforcer une compétence en affaiblit généralement une autre, d’où un équilibre souvent très délicat à atteindre. C’est loin d’être facile, mais tout deviendra beaucoup plus simple une fois que vous maîtriserez convenablement ces deux paramètres !

Wonder Project J - 05 Wonder Project J - 06
Voici l’écran à partir duquel vous pourrez vérifier les progrès de Pino. Attention, c’est parfois par son faible niveau qu’une aptitude vous permettra de réussir ! Le magasin est un lieu stratégique : vous pourrez y vendre vos légumes, acheter de nouveaux outils, ou même des chargeurs permettant de recouvrer la santé.


Scène 1, prise 853... Action !


La progression n’est de toute façon pas très ardue... si vous n’êtes pas du genre poisseux du moins. Eh oui, Pino a beau être mû par une mécanique de précision, il n’échappe pas pour autant aux caprices du hasard ! Ne vous étonnez donc pas si, après avoir passé des heures à peaufiner son éducation, vous le voyez encore prier à genoux pour tenter d’ouvrir une porte alors qu’il aurait suffi de la pousser : ce n’est après tout qu’un gamin, et ses erreurs, en plus d’être souvent amusantes, permettent d’admirer la variété et la qualité des animations ! Il n’empêche qu’il est parfois frustrant, après une vingtaine d’essais infructueux, de voir son poulain se débrouiller comme un chef puis bloquer bêtement sur le dernier obstacle, surtout dans les dernières scènes qui sont plutôt longues, et dans lesquelles un échec entraîne un Game Over impitoyable. Un doute peut alors traverser l’esprit du joueur malchanceux : quel intérêt de s’être coltiné pendant des heures une jouabilité pas très précise (une manette ne remplace définitivement pas une souris) et un gameplay somme toute assez limité, pour finalement être lésé de la sorte ? Passée la déception du moment, la réponse vient d’elle-même sous forme d’une autre question : combien de jeux font montre d’une envie de bien faire et d’un enthousiasme aussi flagrants ? Pas des masses finalement. Si la preuve est faite que l’originalité est loin de toujours apporter avec elle la perfection, elle incite quand même à l’indulgence au moment du constat final. Le mien est d'ailleurs très simple : les meilleures expériences sont parfois celles dont on attend le moins !

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“Non Pino, un chien ne peut pas servir de ballon de football !”. Un mauvais comportement ici sans conséquence, mais il n’en sera pas toujours ainsi. En parlant de ballon rond, petite séance de tirs au but improvisée... Les Zidane en herbe regretteront sans doute de devoir en rester simples spectateurs.


POUR CONCLURE


  • Scénario : 14/20
    Il vaut certainement moins par son intrigue que par les personnalités attachantes qui la ponctuent, néanmoins l’univers très grimmesque dans lequel il s’inscrit est assez peu commun dans un jeu vidéo et bien exploité. Il évite surtout de tomber dans la niaiserie, ce qui n’était pas gagné d’avance.

  • Réalisation : 15/20
    Des graphismes peuvent être beaux sans être exceptionnellement détaillés, et en voici la preuve ! L’harmonie dans le choix des couleurs, la taille honorable des sprites et leur excellente animation n’ont aucune peine à faire oublier l’aspect un peu dépouillé des décors.

  • Jouabilité : 13/20
    S’il n’y a vraiment rien de catastrophique, la précision que requiert parfois le curseur semble difficilement compatible avec une croix directionnelle... La gestion de l’inventaire manque quant à elle d’organisation et peut poser quelques problèmes dans les (rares) moments où la dextérité est de mise.

  • Son : 15/20
    De belles mélodies, très enjouées pour la plupart, et qui rappellent un peu celles des dessins animés de Walt Disney (toutes proportions budgétaires gardées bien sûr). C’est dire si elles respectent l’ambiance générale du soft, et c’est sans doute bien là l’essentiel.

  • Durée de vie : 13/20
    Comme on pouvait s’y attendre, le jeu est assez court : environ quinze heures pour clore les dix actes qui le composent, et ce n’est clairement pas le genre de titres qu’on refait à l’envi. Allez, une source de motivation quand même : en bouclant une seconde partie dans un bon temps, on obtient une fin alternative plutôt... surprenante !


Les plus :)
Un concept vraiment innovant !
Moins puéril qu’on ne pourrait le croire.
Un réel effort de fait quant à la variété des situations.

Les moins :(
Entre un curseur et une manette, c’est toujours l’amour fou...
Répéter des répétitions d’actions finit par être un peu... répétitif ?
Une composante aléatoire parfois trop importante.



NOTE FINALE : 14/20

Adorable fable pleine de tendresse et d’humour, Wonder Project J ne manque ni de volonté d’innover, ni de personnalité. Sa maniabilité un peu revêche et son léger manque d’interactivité sont parfois agaçants, mais n’éclipsent en rien l’originalité de ce titre rafraîchissant qui permet vraiment de passer un agréable moment. Les moins jeunes ne seront d’ailleurs pas forcément les plus rétifs à son charme !

by Mannschaft



yata

6 réponses ~ Test > SNES > Wonder Project J

  1. fleche péyu dit:

    Merci de ce test intéressant.
    (Je dis ça parce que les trois premiers commentaires ne sont pas vraiment à la hauteur du travail fourni.)
    Je suis en train de me demander où le télécharger, maintenant.
    - Peyu

  2. fleche peyu dit:

    Commencé le jeu.
    C'est intéressant.
    Bon site.

  3. fleche dimy50 dit:

    salut

  4. fleche Druunaboy dit:

    Bonjour, cet article m'a donné l'envie de l'essayer, et même si je préfère les cartouches a l’Émulation je suis heureux grâce a votre site d'avoir rejoué a Actraiser !!!Donc ma question est de savoir ou puis je trouver la ROM du jeu ? Merci et longue vie au rétro gaming la 2d c'est le pied !!!

  5. fleche Sunsunny dit:

    Pas mal en effet. Mais dommage qu'il n'y ai pas d'accès à une mini-démo pour chaque jeu.

  6. fleche dawweed dit:

    merci


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